Lead scoring B2B : la méthode fit, intent et décroissance — gtm-engineer.fr
Méthode · Scoring outbound

Lead scoring : fit, intent et décroissance.

Le lead scoring classique ne note que ceux qui vous connaissent déjà. La méthode qui marche en sortante repose sur deux notes distinctes : un score de fit, un score d'intent qui décroît avec le temps. C'est cette décroissance qui fait tout le travail.

Le lead scoring consiste à noter chaque compte pour savoir qui contacter en priorité. La méthode classique note le profil et le comportement : elle ne fonctionne donc que sur des gens qui vous connaissent déjà. En prospection sortante, personne ne vous connaît, et tout le monde est à zéro. La méthode qui fonctionne repose sur deux notes distinctes : un score de fit et un score d'intent, qui décroît avec le temps. C'est cette décroissance que presque personne n'implémente, et c'est elle qui fait tout le travail.

L'essentiel
  • Le lead scoring classique note l'engagement. Il est aveugle à tous ceux qui ne vous connaissent pas encore.
  • La méthode outbound note deux choses séparément : le fit (correspondance à la cible) et l'intent (signal d'achat).
  • Le fit est statique. L'intent est daté, et il décroît.
  • Un signal a une durée de vie. Un recrutement publié ce matin ne vaut pas le même qu'il y a trois mois.
  • Un bon barème disqualifie. S'il n'exclut personne, ce n'est pas un barème, c'est un classement.
La définition

C'est quoi le lead scoring ?

Le lead scoring consiste à attribuer une note à chaque prospect pour décider qui contacter en premier. L'idée est vieille et elle est juste : tous les comptes ne se valent pas, et le temps commercial est la ressource la plus rare de l'entreprise.

La méthode que vous trouverez partout combine deux familles de critères :

  • Le profil : la taille de l'entreprise, son secteur, le poste du contact. Des données statiques.
  • Le comportement : il a ouvert trois emails, visité la page tarifs, téléchargé un livre blanc, demandé une démo. Des données d'engagement.

On additionne, on obtient un score, on trie. C'est le modèle des outils de marketing automation, et il fonctionne très bien dans son contexte.

L'angle mort

Le problème que personne ne dit

Ce modèle a un angle mort qui le rend inutilisable pour la moitié des entreprises B2B.

Il ne sait noter que les gens qui vous connaissent déjà.

Regardez la moitié comportementale : ouvertures, clics, visites, téléchargements. Toutes ces données supposent que la personne est déjà entrée dans votre funnel. Elle vous a trouvé, elle a laissé son email, elle a lu vos contenus.

Maintenant appliquez ce modèle à de la prospection sortante. Vous voulez contacter 500 entreprises qui n'ont jamais entendu parler de vous. Leur score comportemental est de zéro. Toutes. Il ne vous reste que le profil, c'est-à-dire un filtre firmographique, ce qui n'est pas un scoring : c'est une recherche avancée.

Le lead scoring classique répond donc à la question « lequel de mes leads est le plus chaud ? ». Il ne répond pas du tout à celle qui compte quand on part de zéro : « dans tout le marché, qui dois-je contacter cette semaine ? »

La bascule

La méthode qui marche : deux scores, pas un

La bascule tient en une idée : arrêtez d'additionner, séparez. Un compte a deux qualités qui n'ont rien à voir, et les mélanger dans un score unique détruit l'information.

Score de FITScore d'INTENT
Sa questionEst-ce mon client idéal ?Est-il prêt maintenant ?
Sa natureStatiqueDaté
Sa sourceVotre ICPLes signaux d'achat
Dans le tempsNe bouge pasDécroît
Si vous n'agissez pasRien ne changeLe compte refroidit tout seul

Pourquoi ne surtout pas les additionner : un compte parfait sans signal et un compte moyen qui vient de lever des fonds peuvent obtenir le même total. Vous les traiteriez pareil. Or l'un est à contacter dans six mois et l'autre cette semaine. Le score unique efface exactement l'information qui décide.

Premier score

Le score de fit : à qui vous vendez, et à qui vous refusez

Le fit mesure la correspondance à votre ICP. Taille, secteur, géographie, modèle économique, maturité. Rien de neuf, sauf sur un point que presque tout le monde rate.

Les conditions éliminatoires

Un bon barème de fit ne se contente pas d'ajouter des points. Il contient des conditions d'entrée éliminatoires : des critères qui mettent le compte à zéro, quels que soient ses autres points.

Exemples : hors zone géographique, secteur dans lequel vous ne savez pas vendre, taille en dessous de laquelle votre offre n'a pas de sens, concurrent direct, client existant.

Sans ces conditions, votre barème produit des aberrations : une entreprise parfaite sur cinq critères et rédhibitoire sur le sixième remonte en haut de la pile. Et votre commercial perd une semaine à comprendre pourquoi elle ne signera jamais.

La règle : si votre barème ne peut pas mettre un compte à zéro, ce n'est pas un barème, c'est un classement.

Les ancres chiffrées

« Grande entreprise : 30 points » ne veut rien dire. Grande à partir de quand ? Chaque critère doit avoir une ancre : un seuil chiffré que deux personnes différentes interpréteraient de la même façon. Sans ancre, le barème n'est pas reproductible, donc il n'est pas automatisable.

Deuxième score

Le score d'intent : le signal, et sa fraîcheur

C'est là que tout se joue, et c'est la partie que les guides français n'abordent pas.

L'intent ne mesure pas l'engagement avec vous. Il mesure ce que l'entreprise vient de faire, publiquement, indépendamment de vous : elle recrute des commerciaux, elle lève des fonds, elle change de CRM, elle a gagné un appel d'offres, elle a nommé un nouveau dirigeant. Ce sont les signaux d'achat.

Chaque signal a un poids, parce que tous ne se valent pas. Une entreprise qui recrute trois commerciaux dit quelque chose de plus fort qu'une entreprise qui a déménagé son siège.

La décroissance : le mécanisme que personne n'implémente

Voilà l'idée centrale, et c'est celle qui transforme un tableau en machine.

Un signal n'est pas un attribut, c'est un événement daté. Sa valeur se dégrade avec le temps.

Une entreprise qui a publié une offre de commercial ce matin est en pleine réflexion : elle évalue, elle budgète, elle se pose la question que vous voulez qu'elle se pose. La même offre vieille de trois mois : le poste est pourvu, la fenêtre est fermée, le signal ne vaut presque plus rien.

Offre publiée ce matin
Signal chaud
L'entreprise évalue, budgète, se pose la question. La fenêtre est ouverte.
Même offre, 3 mois plus tard
Signal mort
Le poste est pourvu, la fenêtre est fermée. Dans la plupart des modèles, ces deux comptes ont pourtant le même score.

C'est absurde, et c'est pourtant la norme. La solution s'emprunte à la physique : la demi-vie. Chaque type de signal se voit attribuer une durée au bout de laquelle il ne vaut plus que la moitié de sa valeur initiale. Puis la moitié de la moitié, et ainsi de suite.

  • CourteUn recrutement se périme vite. Sa demi-vie est courte : quelques semaines.
  • LongueUne levée de fonds irrigue plus longtemps. L'argent met des mois à se dépenser, la demi-vie est plus longue.
  • MoyenneUn changement de dirigeant ouvre une fenêtre qui dure le temps que le nouveau fasse ses preuves.

Ce que ça produit, concrètement : votre liste se réordonne toute seule, en continu, sans que personne ne trie. Les comptes chauds remontent, les tièdes redescendent, et ceux dont le signal est mort quittent la pile sans qu'on ait à s'en occuper. Un compte que vous n'avez pas contacté refroidit de lui-même.

C'est la différence entre un tableur enrichi et un système. Un tableur, il faut le trier. Une machine se trie.

La méthode

Comment construire votre barème

Dans cet ordre, parce que chaque étape dépend de la précédente.

Écrivez votre ICP, avec ses critères éliminatoires. Sans ça, tout le reste note du bruit.
Remontez depuis vos clients signés. Pas depuis votre intuition. Prenez vos derniers deals gagnés et cherchez ce qu'ils avaient en commun au moment où vous les avez contactés. C'est là que vos vrais signaux apparaissent, et ils sont rarement ceux qu'on imaginait.
Choisissez deux ou trois signaux. Pas dix. Un signal mal réglé produit plus de bruit que trois bien choisis.
Donnez un poids à chacun, en les comparant entre eux plutôt que dans l'absolu. La seule question qui compte : « celui-ci vaut-il plus que celui-là ? »
Fixez les demi-vies. Combien de temps avant que ce signal ne vaille plus que la moitié ? Répondez avec ce que vous savez de votre cycle de vente.
Réglez le seuil à partir duquel un compte remonte. Trop bas, vous noyez votre liste. Trop haut, elle est vide.
Ajustez avec les réponses. Un signal qui ne convertit jamais perd du poids. Un signal qui convertit systématiquement en gagne. Le barème est vivant.

Comptez quelques itérations avant que ça tourne juste. Le premier barème est toujours faux, et ce n'est pas grave : c'est un point de départ, pas une vérité.

Les pièges

Les erreurs qui cassent un scoring

À ne pas faire
  • Un score unique. Vous mélangez « il me correspond » et « il est prêt ». Vous perdez la seule information qui décide de l'action.
  • Pas de décroissance. Votre liste vieillit et vous contactez des signaux morts en croyant qu'ils sont chauds.
  • Aucune condition éliminatoire. Des comptes rédhibitoires remontent en haut parce qu'ils cochent d'autres cases.
  • Trop de critères. Un barème à vingt lignes n'est pas plus fin, il est juste impossible à régler : vous ne saurez jamais lequel a produit le résultat.
  • Scorer avant d'avoir vendu. Si vous n'avez pas encore signé de client par vous-même, vous n'avez pas de signaux, vous avez des hypothèses. Vous scorez votre imagination.
  • Ne jamais réajuster. Un barème figé se périme comme les signaux qu'il mesure.
FAQ

Le lead scoring

C'est quoi le lead scoring ?
C'est le fait d'attribuer une note à chaque compte pour décider qui contacter en priorité. La méthode classique note le profil et le comportement. La méthode outbound sépare le fit (correspondance à la cible) et l'intent (signal d'achat, qui décroît avec le temps).
Quelle différence entre fit score et intent score ?
Le fit répond à « est-ce mon client idéal ? », il est statique. L'intent répond à « est-il prêt maintenant ? », il est daté et il décroît. Les additionner efface l'information qui décide de l'action.
Pourquoi le lead scoring classique ne marche pas en prospection ?
Parce qu'il note l'engagement : ouvertures, clics, visites, téléchargements. En sortante, personne ne vous connaît, donc tous les comptes sont à zéro. Il ne reste qu'un filtre firmographique, ce qui n'est pas un scoring.
C'est quoi la décroissance d'un score ?
Un signal est un événement daté dont la valeur se dégrade. On attribue à chaque type de signal une demi-vie : la durée au bout de laquelle il ne vaut plus que la moitié. La liste se réordonne alors toute seule, en continu.
Combien de critères mettre dans un barème ?
Peu. Deux ou trois signaux, et des critères de fit avec des seuils chiffrés. Un barème à vingt lignes est impossible à régler : vous ne saurez jamais lequel a produit le résultat.
Comment trouver ses signaux ?
En remontant depuis vos clients signés, pas depuis votre intuition. Cherchez ce que vos derniers deals gagnés avaient en commun au moment du premier contact. Ce sont rarement les signaux qu'on imaginait.
Faut-il un outil pour scorer ?
Pas forcément. Le scoring vit très bien dans un CRM sous forme de formules. Ce qui compte n'est pas l'outil, c'est le barème et la décroissance.

Le barème complet, déjà écrit.

Les poids, les demi-vies et les conditions éliminatoires prêts à brancher. Le système est dans le GTM OS. Valentin De Sousa, GTM engineer.

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